24 juin, fête nationale du Québec
Ce 24 juin, comme chaque année, les québécois ont eu l'occasion d'exprimer leur patriotisme et leurs valeurs durant leur fête nationale. Contrairement à la France, on peut dire que les québécois savent fêter leur fête nationale, et leur élan patriotique est beaucoup plus présent que celui de leurs voisins du vieux continent. En effet, le 24 juin signifie quelque chose pour eux, et est une date très attendue (non pas seulement parce que c'est un jour férié). C'est l'occasion pour eux de se réunir et de passer un bon moment ensemble, tout en promouvant leurs valeurs et de montrer au Canada tout entier qu'ils sont là et qu'ils continueront à promouvoir leur culture et la langue française. Voyons un peu ce qu'il en est de cette fête...
Un peu d'histoire
La fête nationale du Québec se déroule le 24 juin, lors de la Saint Jean, et est communément appelée "la Saint Jean" ou "la Saint Jean-Baptiste". Les origines de cette fête sont très anciennes (plus de 2000 ans) et prennent leurs sources dans une fête païenne destinée à célébrer le solstice d'été. La coutume, en ces temps anciens, voulait qu'à cette date, un grand feu de joie soit allumé afin de symboliser la lumière qui venait de passer à son apogée. Plusieurs années plus tard, en Europe et plus principalement en France, cette fête païenne a été associée à Jean, le cousin de Jésus surnommé "le baptiste". La fête a donc été délocalisée du 21 juin, date réelle de l'été, à la Saint Jean, le 24 juin.
En 1827, un journaliste québécois du nom de Ludger Duvernay fonde une société afin de développer l'idée de faire revivre cette tradition païenne reprise par les européens (dont les québécois descendent en grande partie). Son but inavoué et de doter le Québec d'une fête nationale...
Le 24 juin 1834, Duvernay organise un banquet durant lequel sont conviés quelques soixante personnes, dont des célébrités, afin de finaliser son projet. Celui-ci fût un succès considérable et les journaux ont tout de suite invités les québécois à fêter la "Saint Jean Baptiste" dans leurs villes et villages afin de favoriser l'union des "Canadiens-français". Duvernay a alors lancé une nouvelle mode qui prend vite de l'ampleur puisque des célébrations sont organisées un peu partout à travers la province dès l'année suivante.
Duvernay récidivise en 1835 puis 1836. Cependant, cette année là connait un grand chamboulement politique durant lequel le "Parti Patriote" connaît une crise sans précédent. En effet, les modérés et radicaux de ce parti politique ne s'entendent plus du tout, ce qui plonge le Québec politique dans une sorte de crise d'identité.
En 1837, les Canadiens-français se doivent de réagir, sous peine d'être assimilés aux anglophones et de perdre leur identité culturelle qui leur est propre.
En 1843, Duvernay fonde la société "Saint Jean Baptiste" et invite la population à célébrer la fête nationale des Canadiens-français. C'est à cette occasion que c'est déroulé, à Montréal, le premier grand défilé. Depuis cette date, les québécois organisent chaque année un grand défilé lors des célébrations de la Saint Jean.
Au tout début de 20ème Siècle, la Saint Jean est principalement fêtée à Montréal et à Québec, mais prend de plus en plus d'ampleur dans plusieurs régions de la province.
C'est en 1925 que le gouvernement du Québec proclame le 24 juin comme congé férié en tant que fête officielle.
Dès l'année suivante, le 24 juin devient l'occasion de se rassembler, de montrer sa fierté d'être québécois, de promouvoir sa culture et de montrer au reste du Canada que les Canadiens-français sont bien là. C'est à partir de ce moment là que la Saint Jean prend rééllement son envol dans la société québécoise et que des célébrations de grande envergure sont effectuées dans plusieurs grandes villes de la province.
En 1947, plusieurs groupes se rassemblent pour former la Fédération des Sociétés Saint Jean Baptiste du Québec. Leur principal objectif est de travailler à l'unification d'une pensée nationale et robuste.
Dès sa création, la Fédération oeuvre beaucoup, pour finalement arriver à l'adoption, le 21 janvier 1948, du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec. Pour la première fois cette année là, le 24 juin est célébré sous une bannière commune partout au Québec : le fleurdelisé devient alors un symbole puissant de l'appartenance au Québec.
À partir des années 1950, la fête nationale devient une date importante de l'année et les célébrations attirent des foules très importantes.
Vers les années 1960-1970, la Saint Jean connaît des boulversements importants dans ses caractères historiques et religieux qui s'effacent petit à petit pour laisser place aux représentations culturelles et artistiques contemporaines. Les feux de joie et feux d'artifices continuent à animer la nuit de la Saint Jean, et les plus connus d'entre eux se déroulent à Québec, sur les plaines d'Abraham.
En 1975, l'enthousiasme conquit les foules et les spectacles de la Saint Jean connaissent un succès grandiose. Celui se déroulant sur les plaines d'Abraham, à Québec, entre dans la postérité et devient un symbole de la fête nationale.
En 1977, le gouvernement du Québec de René Lévesque proclame officiellement la Saint Jean "fête nationale du Québec". Le 24 juin devient donc un jour férié, chomé par tous et devient la fête de tous les résidents du Québec. Les côtés religieux des célébrations sont complétement supprimés, au profit d'un sentiment patriotique important.
Depuis ce jour, la fête nationale du Québec est une date très attendu, et les québécois savent la fêter, tout en montrant au monde entier leurs valeurs qu'ils continuent de défendre chaque jour.
La fête nationale d'aujourd'hui
- près de 750 projets, du plus petit au plus grand, occupant autant de sites, répartis sur l'ensemble du territoire
- plus de 20 000 bénévoles
- plus de 1050 spectacles, des chansonniers aux marionnettes, en passant par les grandes scènes des plaines d'Abraham ou du parc Maisonneuve
- au-delà de 700 jeux organisés pour toute la famille
- plus de 360 feux de joie
- plus de 100 défilés
En 2009, les québécois ont connu leur 175ème anniversaire de la fête nationale, et ce fût, comme chaque année, un succès retentissant.
Source : http://www.fetenationale.qc.ca/les-orig ... -2009.html
Un élan patriotique qui transcende les nationalités...
À voir l'engouement suscité par la fête nationale, la façon dont les québécois approchent cette date clé de leur calendrier laisse rêveur. En effet, cela n'a clairement rien à voir avec notre façon de fêter le 14 juillet (on la fête vraiment ? Parce que mis à part le défilé des Champs-Élysées et un feu d'artifice...). Et même si je n'ai pas pu vivre pleinement cette fête pour cause professionelle, je peux vous dire qu'être ici un 24 juin donne vraiment l'impression et l'envie d'être québécois !
Promis, les prochaines années, j'essayerai de fêter dignement cette fête qui petit à petit, va devenir également MA fête nationale, et au moins une fois dans ma vie, j'irai sur les plaines d'Abraham à la Saint Jean, le seul endroit où il faut être un 24 juin !
