Publié par Romain le Dim 30 Aoû 2009 09:30 dans
Informations sur le Québec / Canada
Avant-propos
La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'avoir un aperçu du système de santé au Québec. Loin de moi l'idée de vous le décrire entièrement dans cet article, je vais juste vous énoncé ce que j'ai vu. Je n'entrerai pas dans une enquête approfondie car je n'en connais pas assez et ce que j'ai vu m'a suffit.
L'évènement qui m'a permis d'avoir cet aperçu et le suivant : Nadia a marché sur un clou rouillé et s'est planté ce dernier dans le pied. Je vous rassure tout de suite, elle va beaucoup mieux maintenant. Je lui ai donc fait les premiers soins nécessaires (désinfection + bandage) avant de la mettre dans la voiture pour la ramener à l'hôpital direction les urgences. En effet, le clou étant rouillé et Nadia ne se souvenant plus de son dernier rappel de vaccin, je n'ai pas pris de chances et ai décidé qu'elle avait besoin d'une piqûre antitétanique. Voici le récit de cette journée.
Accident
Nadia marche sur le clou à 11h15 (les heures seront approximatives).
Arrivée à l'hôpital
Nous arrivons à l'hôpital vers 11h45. Je trouve les urgences, me gare (parking payant bien évidemment...) et ramène Nadia dans la salle des urgences. Là, un terrible spectacle nous attend : une salle d'attente comble, une gare de triage et des banquettes rouges avec un agent de sécurité.
Le principe des urgences au Québec est le suivant :
- Vous arrivez
- Vous prenez un ticket avec un numéro
- Vous allez vous asseoir sur les sièges rouges
- Quand une infirmière est libre, elle vous appelle dans la gare de triage
- Elle vous inspecte, vous demande pourquoi vous êtes là
- Elle prend la décision de vous donner un numéro de priorité (allant de P1 à P6, soit du plus au moins urgent)
- Elle vous donne un autre ticket
- Vous sortez et allez vous asseoir dans la salle d'attente sur un siège noir
- Vous attendez qu'un médecin vous appelle
Dans la théorie, tout va bien. Dans la pratique, il faut attendre parfois plusieurs jours avant de voir un médecin. Et quand vous voyez le dit médecin c'est : pas de bonjour, pas d'inspections comme on en connaît en France, deux trois marmonages, une ordonnance et pas d'au-revoir. Charmant n'est-ce pas ? Bon, j'exagère un peu, mais pas tant que ça.
La raison est très simple : le concept de cabinets de médecins n'existe plus au Québec. Ou il est très peu développé. De plus, il y a une pénurie très importante de personnel médical, donc ils se regroupent en hôpitaux ou cliniques pour réduire les coûts, mais au vu de la demande, ils ne peuvent pas fournir une bonne cadence. D'ailleurs parlant de la "demande", les frais médicaux étant gratuits pour les résidents du Québec, certains n'hésitent pas à y aller pour un "oui" ou pour un "non", ce qui n'aide pas...
Pour revenir à notre agenda de la journée, Nadia est passée en gare de triage vers 12h15. Honnêtement, je m'attendais à ce que l'infirmière lui fasse la piqûre antitétanique et à ce que tout s'arrête là, comme cela aurait été fait en France. J'étais loin de m'imaginer ce qui allait suivre...
L'après-triage
En sortant de la salle de triage, Nadia me raconte ce qu'il s'est passé. D'une, l'infirmière ne lui a pas fait la piqûre, ce qui a failli me faire sortir de mes gongs. De deux, elle est en priorité 5. C'est sûr qu'un risque d'infection au tétanos, c'est pas grave... De trois, il va falloir attendre, et pire, l'infirmière lui a dit que certains étaient là depuis la veille. Cependant, elle est tombée sur une infirmière "intelligente". Comme celle-ci veut que Nadia voit un médecin pour obtenir des antibiotiques (alors que, je le rappelle, il lui faut une piqûre antitétanique, je ne suis pas médecin mais faut pas l'être non plus pour le déduire), elle nous envoie dans une clinique à côté où il n'y a que quelques heures d'attentes, contrairement à l'hôpital. Mais, car il y en a un, j'ai mal digéré une phrase qu'elle a dite à Nadia : "c'est à côté, tu peux y aller à pied". Quand Nadia m'a raconté ça, la réaction dans ma tête a été très rapide : "elle est conne ou quoi ? Elle vient d'avoir un clou planté dans le pied !". Bref, passons.
Je paye donc le stationnement, prends la voiture et va à la fameuse clinique. Tout en râlant bien évidemment, puisque à pied, Nadia aurait fait deux kilomètres après avoir eu la douloureuse expérience d'un clou planté dans le pied...
Arrivés à la clinique, la réceptionniste nous redemande tout, créé un dossier pour Nadia et nous annonce qu'il y a une bonne heure d'attente. Nous décidons donc d'aller manger, puisque nous avons le ventre vide, et de revenir au plus vite.
Au final, Nadia rencontre un médecin vers 13h45, soit 2h30 après l'accident. Comme décrit, pas de bonjour, pas d'explications, un air maussade. Mais j'apprendrai par la suite par Nadia que le médecin était gentil contrairement à d'autres visites qu'elle a faite. Hum...
Comme je l'avais pensé, pas d'antibiotique, juste une piqure antitétanique. Le médecin donne quelques conseils du genre "si ça enfle et devient rouge revient demain" et nous voilà repartis.
Conclusion
Il aura fallu attendre deux heures et passer par deux établissements pour obtenir une piqure antitétanique. Le fait d'être traité indifféremment, laissés quasiment à nous même et baladés dans le genre "on veut pas de vous ici" entre plusieurs établissement ne donne pas envie d'aller se faire soigner quand on est malade. Au moins, maintenant je sais pourquoi les québécois sont très forts sur l'automédication...
Publié par Romain le Sam 18 Juil 2009 17:59 dans
Informations sur le Québec / Canada
Vacances payées...
La deuxième semaine de juillet se termine et avec elle commence le début des vacances. En effet, à cette période la plupart des entreprises québécoises ferment, ce qui signifie que nous fermons le bureau pendant cette période, histoire de bénéficier nous aussi de vacances.
Il faut savoir qu'au Québec, nous avons deux semaines de vacances payées. En fait, à chaque paie, 4% du salaire est prélevé et part dans une base de temps "vacances". 4%, cela équivaut à deux semaines d'ouvrage sur une année. C'est ainsi que lorsque les employés sont partis en vacances, au lieu de ne pas les payer, l'employeur leur verse ce 4% qu'il ne leur donnait pas aux autres paies, et l'employé est ainsi payé pendant ces vacances. Astucieux, non ?
Vacances de la construction
Au Québec, les vacances d'été sont centrées sur les vacances de la construction. En effet, les deux dernières semaines de juillet étant habituellement les plus chaudes de l'été, les employés du domaine de la construction (maison, routes...) ne travaillent pas durant cette période, pour éviter les conditions de travail (très) difficiles, ce que l'on comprend aisément... Par abus de langage, on appelle alors cette période "vacances de la construction". C'est en 1970 que cela a été officialisé par un décret gouvernemental.
C'est ainsi que, petit à petit, les québécois se sont cadencés sur ce calendrier, et la plupart des entreprises ferment durant cette période. Actuellement, il est estimé que plus du quart de la population active des québécois, prennent leurs vacances durant celles de la constructions.
Voici donc pour la petite histoire, et maintenant, à moi les vacances !
Publié par Romain le Lun 13 Juil 2009 18:18 dans
Informations sur le Québec / Canada
Le passeport canadien est un des plus prisés au monde. La proximité géographique et les ententes bilatérales avec plusieurs pays, notamment les États-Unis font du Canada un endroit convoité dans le monde. C'est pourquoi posséder un passeport canadien peut vite devenir avantageux, surtout dans ce pays où il est l'une des rares pièces d'identité existantes. De ce fait, le Canada est l'un des pays ayant le plus grand nombre de vols ou de copies pirates de son passeport, puisqu'il est un passe-partout dans plusieurs pays industrialisés du monde. En effet, il est plus facile de rentrer aux États-Unis avec un passeport canadien que nord-africain par exemple...
C'est alors que le Canada a pris les mesures nécessaires en rendant plus difficile l'obtention de son passeport. L'objet de cet article est donc de vous décrire les étapes par lesquelles doivent passer les canadiens pour obtenir ce document officiel. Je puise mes sources dans ce qu'a vécu récemment Nadia lorsqu'elle a demandé son passeport, il y a quelques semaines...
Les étapes à suivre
- Télécharger et remplir le formulaire de demande (les formulaires possèdent la technologie Acrobat Reader permettant de remplir les documents à l'ordinateur, ceci pour limiter les erreurs de lecture)
- Signer le formulaire de demande imprimé
- Faire les photos
- Rassembler les documents exigés
- Trouver un répondant
- Faire remplir et signer les documents et photos par le répondant
- Payer les frais
- Envoyer la demande
Le formulaire de demande
Assez étonnament, le formulaire de demande en lui-même est relativement simple. Les informations demandées sont classiques :
- Fiche d'identité
- Documents à remplir par le répondant
- Descriptions des documents d'identité et de preuve de citoyenneté fournis
- Adresses habitées durant les deux dernières années
- Emplois / établissements scolaires fréquentés durant les deux dernières années
- Références de deux personnes pouvant confirmer l'identité du demandeur
- Personnes à contacter en cas d'urgence
- Déclaration solennelle de l'exactitude des renseignements fournis et signature
Comme on le voit, rien de bien compliqué jusque maintenant.
Les photos
Étant passé dans le processus d'immigration au Canada, je sais à quel point les exigences de photos sont importantes et nombreuses. Un simple manquement à l'une d'entre elles peut devenir un délai beaucoup plus long dans le traitement du dossier, ce que l'on ne souhaite vraiment pas.
Voici quelques unes des exigences demandées pour les passeports :
- Éclairage uniforme, ombres et reflets "inacceptables"
- Vue de face, tête et épaules centrées sur la photo
- Yeux ouverts et visibles
- Expression faciale neutre (pas de sourire, ni de mine de tristesse). En gros, on ressemble à un prisonnier qui vient de se faire prendre
- Image nette et précise
- Photo sur un fond uniforme
- Représentation parfaite du teint naturel de la peau
- Le visage doit mesurer entre 31mm et 36mm du menton au sommet
- Pas de chapeau ou autre coiffe. Exceptions pour les religieux, uniquement si cela ne gêne pas la vue du visage
- Photos originales, pas de copies
- Prises dans l'année précédant la demande
- Les photos doivent mesurer entre 50mm et 70mm
- Le papier lourd est interdit
- Le papier doit être un papier photo de haute qualité
- Le photographe doit être reconnu comme photographe professionnel
- Le nom du photographe et de son studio doit apparaître à l'arrière de la photo
- La date doit être inscrite à l'arrière de la photo
- Le répondant doit inscrire la phrase "J'atteste l'authenticité de cette photo de xxx" et signer derrière la photo
Bref, un vrai casse-tête. Heureusement, il est assez simple d'avoir les photos répondant à tous ces critères. En effet, en demandant une photo "format passeport", les photographes savent quoi faire, et tout se passe à merveille.
Les documents exigés
Le demandeur d'un passeport canadien doit également fournir quelques documents :
- Un original du certificat de naissance ou du certificat de citoyenneté
- Une pièce d'identité : soit l'original, soit une copie que le répondant doit approuvée en l'écrivant sur la photocopie ("J'atteste avoir vu l'original, date, signature")
Le répondant
La particularité d'une demande de passeport au Canada par rapport à ce que l'on connaît en France est bien cette notion de répondant. Ce dernier est en fait une personne attestant connaître le demandeur, et fournissant ces coordonnées pour que Passeport Canada puisse le contacter pour vérifier l'identité du demandeur.
Un répondant doit, bien évidemment, répondre à plusieurs critères :
- Être citoyen canadien majeur
- Être titulaire d'un passeport canadien valide ou expiré depuis moins d'un an
- Avoir obtenu son passeport après 16 ans
- Connaître le demandeur depuis au moins deux ans : c'est à dire qu'il "est en mesure de confirmer certains attributs personnels du requérant, tels que le nom, l'âge approximatif, le lieu de naissance, la description physique et certains renseignements personnels tels que l'emploi occupé et le lieu de résidence"
- Être disponible pour que Passeport Canada puisse faire des vérifications avec lui
- Résider au Canada ou aux États-Unis.
Le rôle du répondant est le suivant :
- Remplir et signer la section "Déclaration du répondant" du formulaire de demande
- Attester de l'authenticité d'une des photos et la signer
- Attester de l'authenticité des copies de pièces d'identité
Si le demandeur ne connaît pas de personne pouvant être considéré comme répondant, il est possible de faire sa demande en remplissant le formulaire "Déclaration faute de répondant", mais cela allonge les délais de traitements et vérifications pour la délivrance des passeports.
C'est donc bien une notion surprenante qui ajoute pas mal de temps au montage du dossier. En effet, il faut trouver la dite personne, obtenir son accord, la rencontrer, lui faire faire ce qu'il faut, vérifier tout... Bref, du stress en plus.
Les frais
Actuellement, le passeport canadien coûte 87$CAN.
On peut également ajouter des $$$ pour pouvoir obtenir le passeport plus rapidement.
Délai
Passeport Canada annonce un délai d'un mois pour l'obtention du document, mais Nadia l'a reçu en une semaine. Assez efficace à notre goût !
Conclusion
Au final, le passeport canadien est assez difficile à obtenir, tant les démarches à faire sont nombreuses et remplies de conditions à respecter à la lettre. Cela se comprend aisément puisqu'il est l'un des plus respecté au niveau international. Comme il est l'un des passeports les plus présents sur le marché noir, le gouvernement canadien s'est donc doté de procédures complexes afin de minimiser la fraude, tout en gardant son prestige.
Publié par Romain le Jeu 16 Juil 2009 19:00 dans
Informations sur le Québec / Canada

Présentation rapide
L'été, à Montréal, c'est la saison des festivals en tout genre. Jazz, humour, feux d'artifices... Bref, on ne s'ennuie pas. L'un des plus attendus et certainement plus connus et le festival Juste pour Rire. Vous l'aurez compris, l'humour et les humoristes sont au centre de cet évènement.
Pendant quelques semaines, certaines rues de Montréal sont envahies de spectacles de rues, spectacles à ciel ouvert, déguisements... La foule se délecte de toutes les animations présentes. On y retrouve des activités gratuites, permettant de découvrir de nouveaux talents ou célébrités de l'humour d'autres contrées, mais aussi des spectacles payants, qui se déroulent dans les plus prestigieux théâtres de l'île de Montréal.
Galas
Le festival Juste pour rire est surtout connu pour ses galas regroupant foule de valeur sûres de l'humour. On y retrouve de grand noms de cet art qui se donnent la réplique durant des heures. Le spectacle en vaut le coup d'œil et les spectateurs ne restent généralement pas sur leurs fins.
Pour notre part, Nadia et moi avons eu l'occasion de voir le gala animé par le talentueux duo Stéphane Rousseau / Frank Dubosc. En effet, pour célébrer nos quatre ans ensemble, je nous ai acheté des places dans le parterre pour ce gala télévisé. Car oui, la plupart des galas Juste pour rire sont enregistrés, et ils sont diffusés plus tard au Québec et en France.
Ce fût une soirée très agréable où nous avons beaucoup rit. Parmis les têtes d'affiches présentes, il y avait, outre le duo d'animateurs, Florence Foresti, Anthony Kavanagh, Patrick Timsit, Jonathan Lambert et d'autres un peu moins connus.
Donc si vous avez la chance de voir le gala Juste pour rire animé par Rousseau et Dubosc enregistré le 16 juillet à 18h30, surveillez bien le public et jouez à "Où est Charlie ?" pour nous retrouver !